Le petit renard qui voulait un câlin
Ce soir-là, dans la forêt aux arbres bleus, Lila le petit renard mettait son pyjama d'écorce. Sa maman avait posé une bougie sur la table en racine, et la flamme dansait, dansait, comme si elle aussi voulait s'endormir.
Mais Lila, elle, ne voulait pas se coucher. Pas tout de suite.
« Maman… » murmura-t-elle, en serrant la patte de sa maman très fort. « Je crois que j'ai un petit peu peur du noir. »
Sa maman s'assit à côté d'elle sur le tapis de mousse. Elle ne dit rien tout de suite. Elle regarda Lila, longtemps, comme si elle cherchait la bonne réponse au fond de son cœur.
« Tu sais, ma petite Lila », dit-elle enfin, « le noir, ce n'est pas vide. Le noir, c'est plein. Il est rempli de toutes les choses que tu aimes, qui dorment en t'attendant. »
Lila fronça son petit museau. Elle ne comprenait pas très bien.
Alors sa maman souffla la bougie. Pof.
Et tout devint noir.
Mais ce n'était pas un noir vide. Lila ferma les yeux, et soudain elle vit — oui, elle vit — son terrier chaud avec son petit lit rond. Elle vit son cousin Pavel le renardeau qui dormait déjà chez tante Aïa. Elle vit le grand chêne où elle grimpait l'après-midi. Elle vit même sa couverture préférée, celle avec les étoiles brodées par grand-mère Lou.
« Tu vois ? » chuchota sa maman dans le noir. « Tout est là. Toutes tes choses préférées, qui se reposent. Le noir les protège pendant la nuit, comme une grande couverture. »
Lila respira un grand coup. Elle sentit la patte douce de sa maman sur la sienne. Elle sentit l'odeur de la mousse fraîche et du miel sauvage que sa maman gardait sur l'étagère.
« Et toi, Maman », demanda-t-elle, « tu es là aussi, dans le noir ? »
« Toujours, mon petit câlin. Même quand tu ne me vois pas. Surtout quand tu ne me vois pas. »
Lila sourit dans la nuit. Un sourire que personne n'a vu, mais qui réchauffait toute la forêt.
Elle se glissa sous sa couverture aux étoiles. Sa maman lui donna un dernier câlin — un long, un vrai. Le genre de câlin qui dure encore le lendemain matin.
Et dehors, la lune sortit de derrière un nuage, juste assez pour faire briller un petit coin du terrier. Pas trop. Juste ce qu'il fallait pour rappeler à Lila que même la nuit, on n'est jamais tout seul.
Bonne nuit, Lila.


